Introduction :
Après
plusieurs réunions ou le sujet du jour était présenté par une personnalité
experte en la matière, nous revenons à une pratique précédemment utilisée par
le groupe Emergence Paris, à savoir, la présentation d’un document, ce soir un
livre, par des non experts suffisamment attirés par le sujet, pour vouloir
partager leur intérêt avec le groupe.
Au
menu de ce soir « The Singularity is Near » de l’américain Ray Kurtzweil, livre que m’a
adressé au début de l’an dernier un ami américain.
Je
n’avais, alors, aucune notion sur l’emploi de ce mot Singularité, au-delà de
son sens commun, par les milieux scientifiques ou technologiques. L’amitié et
la curiosité aidant, j’ai surmonté mon peu d’attrait pour les lectures relevant
de la science fiction, et me suis attelé à celle de l’ouvrage.
Résultat :
Suffisamment intéressé pour le
recommander à Michel et à Georges et
au-delà, vous proposer d’en partager et discuter les voies et perspectives
qu’il ouvre.
Alex
a bien voulu se joindre à moi pour que, bénéficiant de sa plus grande
familiarité avec les sujets couverts nous puissions, à 2, essayer d’en extraire
l’essentiel.
Le
Thème du livre concerne l’évolution du couple Homme./ Technologie ; la
théorie de son auteur, Ray Kurtzweil, étant,
que dans un avenir proche, aux alentours des années 2050, l’évolution
technologique permettra à l’Homme de
transcender son essence biologigue.
D’où
le sur/titre du livre : « When
Human Transcend Biology ».
Mais,
avant de rentrer dans le vif du sujet, qui est
Ray Kurtzweil ? et la Singularité c’est quoi ?:
L’auteur :
Né
en 1948, RK est présenté comme étant tout à
Récipiendaire
de différentes distinctions relevant de l’innovation technologique il est,
entre autre, l’auteur de :
« The
Age of Intelligents Machines » fin des années 80, (« Best
Computer Science Book » pour l’Association des Américan Publisher)
livre qui entre autre datait certains progrès technologiques des décades à
venir : Ex Il a prévu avec une bonne précision quand l’ordinateur battrait
l’homme aux échecs ; et prévoyait déjà une machine du niveau de
l’intelligence humaine pour la 1ère moitié du 21ème
siècle.
A
la fin des années 1990 « The Age of Spiritual Machines- When
computers exceed Human Intelligence » également best seller,
positionne la machine comme pouvant avoir des émotions.
En
2005 « The Singularity is near – When Human transcend Biology » s’inscrit dans la continuité des 2 précédents,
tout en formalisant et précisant une nouvelle étape de sa vision de l’évolution
du couple Homme /Technologie ;
Parmi
les commentaires, évidemment élogieux, de la 4ème de couverture figurent ceux
de Bill Gates, de Marvin Minsky professeur au MIT, et autre Bill Joy co
fondateur de Sun Microsystems.
Cette
rapide présentation suppose que soit également mentionné un autre domaine
d’intérêt de ce « Génie Infatigable (Restless Genius )», comme l’a
qualifié le Wall Street Journal, à savoir le domaine de la santé (dont la
sienne), la question du vieillissement et plus généralement celle de la longévité de la vie
C’est
ainsi qu’il a également coécrit, avec Terry Grossman Médecin, spécialiste
reconnu du vieillissement, « Fantastic Voyage : Live long Enough to
live forever », traduit en français « Serons nous Immortels ? ».
Alors, RK visionnaire génial…. ou juste vendeur de concept à la mode? à vous de voir.
La Singularité:
Mot
absent du Harrap’s Compact, mais présent dans le Petit Larousse : 1
caractère original, étrange, insolite…2 excentricité.3 Math : Particularité
survenant en un point singulier d’une courbe ou d’une surface.
Il
semble, en effet, que ceux soient les Mathématiciens qui, les premiers, dans le
champ scientifique, ont adopté ce mot pour parler d’une valeur qui transcende
toute limitation finie, tel que Y= 1/x quand la valeur de X tend vers 0 et que
la valeur de
Puis
le mot fut repris par les astrophysiciens qui l’ont associé au concept des « trous noirs », point où la
densité devenant infinie, les modèles actuels de la physique ne sont pas
adaptés pour expliquer ce qui s’y passe.
Enfin
on attribue à Von Neumann son utilisation, pour la première fois (en 1950),
dans le champ technologique. Vernor VINGE professeur de mathématique et
d’informatique à l’Université de San Diego, se l’est approprié dans les années
80, jusqu’à en faire, en 1993 le titre d’un
essai : « Technological Singularity »
C’est
ainsi que son emploi s’est développée dans les milieux technologues futuristes
des 20 dernières années.
Selon
Wikipedia,
Au-delà
de ce point, le progrès est l’œuvre d’intelligence artificielle, laquelle
induit des changements tels, que l’Homme d’avant la Singularité ne peut les
appréhender ou les prédire de manière fiable ;
A proximité de la Singularité la fiabilité des
modèles prédictifs s’effondre.
Comme
pour le « Trou Noir », qui,
dans l’espace, change dramatiquement les « patterns » de la matière
et de l’énergie,
On
peut voir la Singularité comme une rupture dans l’évolution de l’Homme, ou
comme une explosion de « l’Intelligence Humaine ».
Ces
quelques éléments du décor étant plantés, venons au sujet :
Nous
vous proposons un plan en 2 parties :
-
1
Présentation de l’ouvrage
-
2
Singularité et Complexité
Après
les échanges Alex conclura
1ère
Partie : PRESENTATION DE L’OUVRAGE
Sa
matière à la fois riche et ardue, pour le lecteur « moyennement
éclairé », mais compensée par son coté très documenté (105 pages de notes,
nombreux renvois sur le web) et ses qualités pédagogiques, font de ce livre de
650 pages, un bel ouvrage de vulgarisation, sur l’évolution des technologies.
L’organisation
même du livre, la répétition de certaines notions, l’emploi « d’encarts
explicatifs » (à la « mode MIT » selon Alex), les nombreux
exemples et les dialogues en fin de chapitre entre personnages virtuels et
réels présents et futurs (Molly 2004 Georges 2048…), en limitent son coté
roboratif et rendent la compréhension générale accessible.
Les
9 chapitres du livre, qui font suite à un Prologue sur « Le Pouvoir des
Idées », peuvent être regroupés en
3 grands volets :
1er
volet Une Théorie de l’Evolution
Technologique: Constat / Modèle/ loi (Ch1et 2) ;
2ème L’application
de cette Théorie au développement de l’intelligence non biologique Ch 3 à 5
3ème Les Conséquences
de cette Evolution Technologique (Chapitre 6 à 9) :
Il
ne peut être question de faire un résumé, surtout exhaustif de ces 650 pages
mais de sélectionner quelques idées ou exemples pour chacun de ces 3 volets, en
espérant que ceux ci seront suffisants pour vous donner une vue d’ensemble de
l’ouvrage, et conduire, pourquoi pas, certains d’entre vous, à vouloir en savoir
plus.
1
- 1 Une Théorie de l’Evolution
Technologique
Sous
cette rubrique nous avons retenu :
a)
Le développement exponentiel
b)
Le Cycle de vie d’un « paradigme » technologique : La Courbe en S
c)
La loi de Moore et au-delà…. La « loi des Retours Accélérés » (the
Law of Accelerating Returns )
qui
nous sont apparus comme les principaux constituants de base de la thèse de RK
a)
Le
développement exponentiel de
l’évolution :
Le
rappel que l’Evolution en général, le progrès technologique en particulier, est
exponentiel, constitue la pierre
angulaire de toute l’approche de RK
De
très nombreuses courbes illustrent ce caractère exponentiel parmi
lesquelles retenons:
-
Cf Le compte à rebours de
- Cf Paradigm Shifts for 15 Lists of Key Events A 2
Ce
deuxième exemple se réfère à la superposition de 15 visions de l’évolution faites par 15 personnalités ou
institutions scientifiques différentes.
Elles
ont été analysées par le Physicien et théoricien de
Cf
Canonical Milestones A 3
Au-delà
de ces exemples RK fait 2 observations sur la croissance exponentielle au
regard de la croissance linéaire :
Cf Linear vs Exponential A 4
La
première : Au début les 2
courbes se confondent ; ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’elles se
séparent, et ce n’est qu’après le « genou » de la courbe que
l’exponentielle « s’eclate », (d’où l’importance du positionnement
sur la courbe et notamment avant ou après le genou)
La
métaphore connue du Nénuphar qui double de surface tous les jours, et a donné lieu il y a quelques années au
titre d’un livre d’A Jacquard « l’Equation du Nénuphar », en donne
une perception assez convaincante.
La
deuxième : Alors que toute l’histoire de l’univers présente ce
développement exponentiel, (dans une récente émission de télé, Y Coppens n’
observait-il pas que la longueur du tranchant d’une pierre taillée a connu une
croissance exponentielle),….notre façon naturelle d’appréhender le futur se
traduit par une projection linéaire.
Cette
occultation quasi systématique de la dimension exponentielle nous conduit a,
très souvent, sous estimer la faisabilité technique de nos projections dans le
futur :
Les
exemples de ces décalages entre prévision et développement réel sont
nombreux ; rappelons nous :
-
Le
développement d’Internet par rapport à la vision que l’on pouvait en avoir dans
les années 1980 ; ou encore,
-
La
séquence du génome humain qui devait prendre un siècle, sinon plus, et qui a
été réalisé en simplement 15 ans
Avec
le taux de progrès du 20ème
siècle, on devrait assister au 21ème siècle à des réalisations 1000 fois plus importantes;
Autrement
dit, on devrait voir l’équivalent d’un siècle de progrès, en seulement 25
ans ; (voir également p 50)
Pour
faire simple : Le progrès des 50 prochaines années n’aura aucune commune
mesure avec celui des 50 dernières, qui d’ailleurs n’avait rien à voir avec les
50 précédentes
Dans
ses modèles du futur RK a retenu un doublement tous les 10 ans du rythme des
évolutions technologiques ;…. tout en sachant que certaines technologies
ont un rythme beaucoup plus rapide. Par
exemple les technologies de l’information
qui connaissent un doublement tous les ans en terme de performance /prix, vitesse capacité, bande
passante,…etc
Pour
ces technologies de l’information tout se passe, en fait, comme si il y avait
un 2ème niveau de croissance
exponentielle : croissance exponentielle de l’exposant :
(Simple
rappel : l’Industrie Informatique : Une poignée de projet en 1940, un
CA de 1 trillion de dollars à ce jour, avec une évolution parallèle des budgets
de recherche et développement)
Pour
RK :Le Futur sera exponentiel comme
le Passé l’a été ….. sauf qu’en plus on a dépassé le genou !!
b)
Le
Cycle de vie d’une technologique (Paradigme Shift ?,). La courbe en S :
Cf The Life Cycle of a Paradigm A5
Toute
technologie évolue en 3 phases :
1
Croissance faible ( la première phase de la croissance exponentielle)
2
Croissance rapide ( la phase explosive de la croissance exponentielle)
3
Nivellement de la croissance , la technologie devenant mature,….. avec en
parallèle le démarrage de la phase 1 d’une nouvelle technologie
On
retrouve ces 3 étapes dans de nombreux exemples….. aussi différents que le
disque, le piano, le livre (de la peau de chèvre au téléchargement)
Généralement
quand une techno arrive à son asymptote en performance/prix, la techno suivante
(next technical paradigm) a déjà commencé à fonctionner dans des niches.
Une
tendance exponentielle peut être
composée d’une succession de courbes en S
Chaque
courbe S prend de moins en moins de temps pour se développer et assure de plus
en plus de performance
c)
la
loi de Moore et au-delà…… La Loi des
retours Accélérés / The Law of accelerating returns :
La loi de MOORE :
Beaucoup
d’entre vous connaissent cette loi, édictée au milieu des années 1970 par le
Pdg d’INTEL, Gordon Moore selon laquelle
le nombre de transistor sur un circuit imprimé doublait et doublerait
tous les 2 ans, avec pour conséquence une amélioration exponentielle du
performance/prix du traitement informatique.
Nous
savons également que cette loi s’est vérifiée dans les faits et que
nous vivons d’ailleurs tous, au quotidien, ses conséquences .
Même
connue, il n’est peut être pas inutile de
visualiser cette évolution du coût
de la puissance informatique
Cf Evolution of
Computer Power Cost A6
Le
prix /performance d’un ordinateur est aujourd’hui 25 fois plus bas que celui de la fin des années
60.
Cette
évolution de la technologie des circuits imprimés à laquelle se référait Moore,
se vérifie également, pour les 4 étapes technologiques précédentes, que sont,
par ordre d’entrée en scène, l’électromécanique, les relais, les tubes et les
transistors
Cf Moore’s
law: A 7
En
fait, tout se passe comme si, chaque fois qu’une technologie ne suit plus la
courbe du rythme de progrès (ex la techno des tubes fin des années 50), une
autre technologie prenait sa place ( le transistor)
C’est
ainsi que, quand à son tour la technologie des CI aura atteint la fin de sa
propre courbe en S, la croissance
exponentielle continuera par une nouvelle étape technologique, le « calcul moléculaire en 3D», selon
RK ; nous y reviendrons.
De
là à poursuivre la courbe pour le futur, afin d’identifier quand l’ordinateur
arrivera à avoir la puissance de calcul du cerveau humain, il n’y a qu’un pas
que, bien sûr, RK franchit ;
Cf Exponential
Growth of Computing A8
En
se rappelant qu’il a fallu 90 ans pour obtenir le premier Mips pour 1000
$ et qu’aujourd’hui on ajoute 1 Mips pour 1000 $ toutes les 5 heures.
Merci l’exponentielle !
Cette
Loi de Moore constitue pour RK un bel
exemple de ce qu’il nomme la « Loi
des Retours accélérés », loi
applicable, selon lui, à l’analyse des
processus d’évolution de tous les domaines technologiques ;
De
nombreux exemples d’évolution comparables sont rappelés, parmi lesquels :
ADN
Coûts du séquençage (Cf A9 divisé
par 2 tous les 1,9 an),
Durée
du séquençage : HIV 15 ans, SARS 31 jours ;
Nanotechnologies :
Nombre de Publications scientifiques : doublement tous les 2,4 ans entre
1990 et 2002 ..etc etc
La
Loi des retours accélérés repose sur un certain nombre de principes tels
que :
Les
feedbacks positifs. Les progrès réalisés à une étape de l’évolution sont
utilisés pour créer la prochaine étape. A chaque étape la vitesse du progrès
croit de façon au moins exponentielle. Les « retours » d’un
processus d’évolution (vitesse, efficacité, puissance, coût..) croissent aussi
au moins exponentiellement.
1-2 L’Application de la
Théorie de l’Evolution de RK aux
2 sujets suivants :
- la machine intelligente ;
-
la superposition des 3 révolutions technologiques Génétique, Nanotechnologies
et Robotiques (GNR)
RK
étudie, d’une part l’évolution de la capacité de calcul de l’ordinateur,
d’autre part la réalisation progressive
de logiciels simulant l’intelligence humaine, pour en
déduire la faisabilité de la machine intelligente voire «
spirituelle » (Strong AI).
S’agissant de la
capacité de calcul (Le Matériel) (chapitre 3) :
Après
avoir rappelé la différence entre les performances du cerveau humain et de la
machine :
-
le
cerveau « très lent » (100 m/s pour les connexions inter neuronales)
mais dont l’organisation massivement
parallèle, en font le champion de la reconnaissance de forme, de l’acquisition
de connaissance, de la faculté de création et d’expérimentation de modèles
mentaux de la réalité,
-
la
machine très rapide, (3 millions de fois plus rapide) et son impressionnante
capacité de mémorisation, de rapidité
d’accès à l’information, de répétition de processus maîtrisés sans
détérioration ni fatigue, et, peut être, plus important encore, sa vitesse de partage/mise en commun de ses
connaissances,
nous
retiendrons de ce chapitre 3 quelques indications sur les ordres de
grandeur, les perspectives technologiques et leurs limites :
a)
Les
ordres de grandeur :
Le cerveau c’est 10°11 neurones
disposant chacun de 10°3 synapses.
Sa puissance de calcul est estimée à
10°16 ou 10°19 cps selon l’hypothèse plus ou moins conservatrice et
Sa capacité mémoire de 10°13 bits.
L’ensemble de l’intelligence
biologique représente une capacité de calcul de 10°29 cps
En 2005 le super ordinateur le plus puissant,
le Blue Gene L d’IBM était à 10°15 cps et le Pc à 10°9 cps.
La mise en réseau des micros et le
gain en puissance en résultant font que dès 2020 on devrait pouvoir atteindre
la puissance suffisante pour simuler un cerveau sur un PC à 1000 $.
Coté mémoire, c’est en 2018 que l’on
devrait disposer de 10°13 bits de
mémoire pour 1000 $.
Retenons que, selon RK, c’est autour
de 2020 que nous disposerons d’un Hardware capable d’émuler la fonctionnalité
de calcul et de mémoire du cerveau humain….. et
autour de 2030, disposer d’ ordinateurs capables de passer le test de
Turing, (représentant un niveau d’intelligence non distinguable de
l’intelligence humaine)
Quant à 2050, avec 1000 $, on devrait
pouvoir largement excéder toute la puissance de calcul de l’ensemble des cerveaux
humains ;
b)
Avec
quelles technologies ?:
Pour RK le calcul moléculaire en 3D constitue la prochaine (et 6ème)
évolution technologique informatique majeure après celle des circuits intégrés ;
Ce calcul moléculaire 3D suppose la
maîtrise de nombreuses technologies (enabling technologies) dont en premier
celle des nanotubes cylindres fait d’un
réseau hexagonal d’atomes de carbone, dont la taille est de l’ordre du
nanomètre =10°-9m
Un pouce cube de circuit nanotube, une
fois totalement développé disposerait d’une puissance 10 millions de fois plus
puissant que le cerveau humain.
En 1999 la référence faite à
cette technologie du futur, dans son
livre « The age of spiritual machines »), a fait l’objet de controverses,
que RK rappelle, tout en observant que depuis, les avancées
majeures réalisées par les chercheurs,(Ex démonstration par Ibm d’un CI basé
sur nanotubes avec plus de 1000 transistors) sont venues renforcer l’idée qu’il s’agit plus du « Best Bet » (
meilleur pari) pour la prochaine grande
étape technologique,
Parallèlement aux nanotubes, les
progrès déterminants réalisés dans les
techniques d’auto assemblage de circuits
à l’échelle nano, celles de l’émulation de l’auto réplication biologique, etc,
viennent également conforter l’hypothèse de la viabilité à moyen terme du
calcul moléculaire 3D
Nb :On sait déjà réaliser des
transistors moléculaires, des cellules de mémoire atomiques, des nanocables et
des méthodes d’assemblage de ces composants.
c)
Quelles
limites à cette évolution exponentielle de la puissance de calcul ?
RK en examine 2
types : celles liées à l’énergie nécessaire à l’exécution de ces
calculs, et celles du « Nano computing ». Aussi passionnantes soient
ses observations, sur la relation entre
l’énergie d’un objet et son potentiel calculatoire (ou l’intelligence d’un
rocher « How smart is a rock ? »), ou sur les travaux de Robert Freitas (professeur au
MIT) et son « ultimate laptop », nous vous renverrons, pour en savoir
plus,… à la lecture de l’ouvrage. (Il faut parfois s’accrocher !).
Ce soir, limitons nous au fait que,
selon RK et les différentes sources auxquelles il se réfère, ces limites sont
ou lointaines ou surmontables (Ex : du calcul sans consommation d’énergie)
et ne sont pas de nature à remettre en cause la prévision de pouvoir
disposer au plan du Matériel, vers 2030, d’une puissance de calcul non
biologique de l’ordre de la capacité de l’intelligence humaine soit 10°29 cps
par an,… en route vers la Singularité qu’il situe en 2045, ou l’intelligence non biologique créée sera un
milliard de fois plus puissante que toute l’intelligence humaine
d’aujourd’hui,…
Encore
faut –il que le logiciel suive !!
S’agissant du
Logiciel de l’Intelligence Humaine (chapitre 4) :
Tout
en soulignant, là encore, les
spécificités du cerveau « hiérarchie
complexe de systèmes complexes », combinaison de digital et
d’analogique, processus aléatoires chaotiques et auto organisant, produisant et
utilisant des propriétés émergentes dont l’intelligence,(cf analogie avec les
termitières : 1 neurone =1termite/ cerveau=termitière)),
RK
pense que grâce, notamment, au « Reverse
engineering/ Ingéniérie Inverse ? » il n’y a pas de barrière
insurmontable pour pouvoir, à terme, comprendre l’ensemble des principes
opératifs de l’intelligence humaine, et
pouvoir ensuite les dupliquer. dans un processus itératif de
modélisation/simulation
Des
différents développements venant étayer son approche, nous retiendrons 3
points :
-
les
niveaux
de complexité ;
-
l’évolution
exponentielle des techniques/ technologies d’imagerie du cerveau et de
modélisation de ses fonctionnements ;
-
les
différents exemples mettant en évidence l’état de l’art ;
1
Les
différents niveaux de complexité :
Après
avoir observé que le génome humain, ne représente, après compression, qu’un
nombre de caractère inférieur à celui du logiciel Word,
RK
insiste sur les différents niveaux de complexité en fonction du niveau d’agrégats
auquel on s’intéresse et le degré de
complexité de la modélisation,(plus faible au niveau plus élevé).
De
la même façon que les interactions au
niveau d’une simple molécule, à l’intérieur d’un gaz sont complexes et
imprédictibles, le gaz lui-même, composé de milliards de molécules, a beaucoup
de propriétés prédictibles,
La
même observation peut être faite quant aux niveaux de compréhension et
modélisation du cerveau depuis la physique des réactions synaptiques jusqu’aux
transformations de l’information par des clusters de neurone.
2 L’évolution des outils permettant la
compréhension du fonctionnement du cerveau :
Le
Monde du 28 mars 2008, dans un article sur la prochaine loi de
bioéthique, programmée pour 2009 , précise
que cette loi :
« ne pourra ignorer
les prodigieuses et parfois inquiétantes perspectives ouvertes par
les progrès des
neurosciences et l’exploration de plus en plus fine du cerveau humain ».
Cette
phrase résume ce qui ressort des propos de RK lorsqu’il met en évidence les
progrès réalisés en terme d’Imagerie et de modélisation du cerveau.
Cf A 10 : la résolution d’un
scanning du cerveau double tous les 12 mois, et l’on observe le même type de
progrès dans la vitesse de reconstruction des images du cerveau.
Toutefois
ces technologies d’imagerie ne seront
pas suffisantes pour permettre
« le reverse engineering» de certaines parties essentielles du cerveau.
Il faudra attendre les années 2020, pour que les scannings à base de Nanobots
(robots de la dimension d’une cellule du
sang), soient opérationnels.
C’est
également dans cette troisième décade que les obstacles de la BBB (Blood Brain
Barrier) pourront être surmontés.
Pour
RK, on sera alors en mesure de procéder
à un scanning de l’intérieur et par modélisations successives arriver à développer un logiciel ayant les
capacités d’intelligence tant logique qu’émotionnelles du cerveau
3
Plusieurs
exemples d’avancées récentes sont décrits et viennent à l’appui de la
pertinence des prévisions faites tant au niveau neuronal, qu’au niveau de la
Région
Cf A
11 Le Modèle de WATTS pour la Région auditive, réplique neuromorphique d’une partie significative du processus de
l’audition humaine, capable de distinguer un interlocuteur au milieu des sons
et bruits de l’environnement.
Ce
modèle a déjà été utilisé comme « processeur frontal » dans des
systèmes de reconnaissance da la voix..
RK
commente également, les progrès des recherches sur le cortex, région du cerveau
la moins connue, au sommet de la
hiérarchie neurale, là ou se situe ce qui relève notamment ce qui relève de la
perception et de l’émotion ; et du
rôle joué par les « spindle cells » présentes uniquement chez l’homme
(80.000) et certains grands singes ( ExGorilles :16000) et dont
l’architecture a été récemment établie.
De
cette compréhension de plus en plus fine et précise du cerveau découlera, après
modélisation, et simulations itératives,
non seulement la réalisation de machines « biologiquement
inspirées » mais également la possibilité de connecter cerveau et
ordinateur, … ce qui fait déjà l’objet de tests dans certains domaines
applicatifs
Ex
Permettre à un singe de contrôler un robot (lui donner des ordres) à partir de
sa seule pensée (à l’exclusion de tout
joystick) ;
La
superposition des 3 révolutions technologiques :
Au-delà
des références au calcul moléculaire 3D ,aux Nanotubes , aux Nanobots, d’une part, de l’interaction entre technologies d’autre
part RK développe pourquoi et comment à
ses yeux, la superposition de 3 révolutions technologiques en Génétique,
Nanotechnologie et Robotique, devrait nous conduire à la 5ème
époque de l’Evolution, début de la Singularité.
Cf A 12 The
Six Epochs of Evolution
-
-
-
Alex
vous dira, dans sa conclusion, quelques mots
sur ce qu’il vous propose de retenir
des prévisions de RK en la
matière.
Pour
ma part je signale à ceux qui sont intéressés par l’allongement de l’espérance de vie, et de
comment l’exploitation de
1-3 Les conséquences:
Les
chapitres 6 à 9 exposent les conséquences de cette vision de l’évolution
technologique, en termes :
d’impact
sur l’H et sa relation à son environnement (Ch 6)
de Périls / Risques et de Promesses/
opportunités (Ch 8);
le
9ème et dernier chapitre
permettant à RK de répondre, par avance, aux critiques que son approche
ne peut pas manquer de susciter.
Nous
n’avons pas cité le chapitre 7, « Ich
bin ein Singularitarian », dans lequel le propos de l’auteur prend une
dimension plus philosophique, une sorte de début de réflexion sur la fameuse
question : Alors, c’est quand qu’on va où ?
Evoquons
quelques uns des thèmes développés dans ces différents chapitres :
S’agissant de
l’impact (ch 6) :
RK
plante le décor des multiples transformations qu’est appelé à connaître le
corps humain, le cerveau,
D’ores
et déjà l’« upgrade » de nos capacités physiques et mentales est en
route, par l’utilisation des biotechnologies et l’émergence de l’ ingenierie
génétique. La poursuite de ce mouvement va nous conduire à ce qu’il nomme la
version 2.0. de l’H au début des années 2020 ;
Au-delà
des 2 prochaines décades l’utilisation des outils et techniques de la nano-ingenierie
vont transformer les capacités de nos
divers organes pour, finalement, aboutir à la possibilité de les remplacer.
Les
milliards de nanobots qui voyagerons
dans notre corps et notre cerveau pourront
progressivement détruire les causes pathogènes, corriger les erreurs
d’ADN, éliminer les diverses toxines et plus généralement améliorer notre bien
être et notre longévité
Dans
notre cerveau les nanobots et autres NEMS (Nanoelectromechanical systems),
interagiront avec nos neurones ; cette interconnexion entre la pensée
biologique et l’intelligence non biologique va
profondément transformer et développer l’intelligence humaine
Dans
ce contexte général, il présente un spectre assez large de modifications
auxquelles, d’après lui, nous allons
être confrontés, sur la route de la Singularité :
Depuis
une nouvelle conception de la façon dont nous nous nourrirons (séparation entre
la fonction biologique d’une part, les fonctions plaisirs ou sociales d’autre
part , un peu à l’image de ce que nous connaissons déjà avec la sexualité), en
passant par un nouveau design du système digestif, un sang programmable
(respirocytes de Freitas : Robotics red blood cells) ;le remplacement
du cœur, la possibilité d’intervenir et redessiner certaines parties du cerveau
etc etc, nous amenant progressivement à la possibilité d’une re-conception complète du corps humain ; ce qu’il
appelle la version 3.0 qu’il anticipe pour
les années 2040 . Les Cyborgs arrivent !
L’homme
va se transformer, son environnement
aussi ; RK en ébauche les
conséquence sur certaines activités tels le travail, le jeu, la guerre,
l’apprentissage et la connaissance ;
Au
delà de cette vision de notre futur (….qui
n’engage bien sûr que celui qui y croît !), ce qui nous parait
intéressant dans ce document se situe aux niveaux suivants :
1
les nombreux exemples tirés du « Présent », et dont la mise en
perspective nous conduit à ne pas rejeter d’emblée la vision (parfois
« Too Much ») qui nous est proposée …et en tout cas nous aide à
décoder l’actualité scientifique/technologique sous un autre angle ;
-
2 le bornage du « Futur », sur le chemin de la
Singularité, par certains scénarios 2010, 2030,. ou autres
« milestones », nous donnant l’opportunité de pouvoir vérifier la
pertinence de l’analyse avant l’arrivée au « trou noir » de
l’Humanité…ouf !
-
3 l’ouverture de pistes de réflexions, liées aux
perspectives annoncées, notamment sur :
-
°
le rapprochement Homme /Machine :
Qu’es ce que l’H, qu’es ce que la Machine ?L’ Extension du concept d’Etre
Humain ?
° l’allongement
de l’espérance de vie depuis une moyenne de 25 ans ( pour l’ancienne
Égypte), 30 ans (en Europe du Moyen age), 48 ans (au début du siècle) et près de 80 ans (ici
et maintenant)… et les questions que cela appelle :
Vers une redéfinition de la vie et de
la mort ? La mort vue comme un problème à résoudre et non comme une
inéluctabilité ?
°l’extension du champ du virtuel et de
l’intelligence non biologique qui peut
déboucher sur la possibilité de devenir
quelqu’un d’autre, ( souvenez vous le film « Dans la peau de John
Malkovitch ») ;
° Les mondes de la physique et de
l’intelligence ; celui de l’intelligence d’origine C et de l’intelligence
d’origine Si
°
etc ….tout cela pour
déboucher sur la transcendance de la Singularité
S’agissant des
risques et périls (Ch 8)
Le
« profond entrelacement entre
les promesses et les périls du GNR »,
titre du chapitre est souligné par l’auteur qui rappelle que toute technologie
est susceptible de renforcer les pouvoirs tant créatifs que destructifs de la
Nature humaine.
RK
est clairement un optimiste : Pour lui…. le positif, le créatif, le
constructif devraient dominer, pour autant que l’investissement dédié au
développement de technologies défensives,
spécifiques à tel ou tel risque soit augmenté.
Aux limites du principe de précaution et aux conséquences de l’inaction qu’il
engendre, il préfère le principe
de « pro-action », qui équilibre les risques de l’action et de
l’inaction ;
Au
Renoncement au sens large, de
certaines technologies, (Broad Relinquishment), il se dit favorable à un Renoncement ciblé (Fine graine
Relinquishment)et il met en garde contre les fondamentalismes environnementaux
ou humanistes, au-delà des religieux.
Il
commente (p413) l’exemple des virus
informatique, les peurs « à
priori »,leur nuisance réelle
jusqu’ à ce jour, le développement de défenses, tout en soulignant les limites
de cet exemple, l’environnement de l’informatique (beaucoup de liberté )
n’ayant rien à voir avec celui de la génétique (beaucoup de contrôle).
RK
termine ce chapitre par une esquisse de ce que pourrait être un programme de
défense contre les dangers de la GNR (cf p421 /422) en soulignant que
finalement nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter les 2 tranchants de
l’épée « Technologie ». Exploiter le tranchant positif, en renforçant
nos défenses contre le tranchant négatif sur la base de nos valeurs et de leur
développement, et ce, … en dépit de l’absence, au moins apparente de consensus sur ce que devraient être ces valeurs
S’agissant des
critiques, :
Soulignons
le champ très large des 13 thèmes qu’il
retient: de la critique malthusienne ( pas assez de ressource pour nourrir
l’exponentialité jusqu’à l’infini, à la critique holistique (….), en passant par celles
concernant la faisabilité technique ( le logiciel, le mur de l’analogique, la
complexité du processus neuronal, la thèse de Turing, le taux de panne de toute
machine), ou règlementaire (la réglementation des gouvernements qui ralentira
voire stoppera l’accélération de la technologie).
Pour
ces divers sujets RK propose ses
éléments de réponse qui, à tout le moins permettent de positionner quelques
ingrédients pour alimenter notre propre réflexion
Pour
résumer la pensée de l’auteur, voici les 2 citations
qu’il a placé en tête de son dernier chapitre :
« The human mind likes a strange idea as little as the body likes a
strange protein and resists it with a similar energy”;
W.I. Beveridge
“If a…. scientist says that something is
possible he is almost certainly right, but if he says that is impossible he is
very probably wrong » Arthur C Clarke
2ème Partie:
SINGULARITE et COMPLEXITE
Les
références au paradigme de la complexité en général, aux concepts et outils
des Sciences de la Complexité en
particulier, sont très présentes tout au long de ce livre sur
Pour
donner un aperçu de cette relation entre C et S, nous vous proposons d’examiner
brièvement :
Quelques
exemples de la façon dont RK s’adosse à la Complexité pour développer sa
démonstration (2-1), puis d’évoquer quelques réflexions plus générales
sur le prédictible/prévisible (2-2).
2-1 Exemples de référence à la
Complexité :
Si
l’on retient comme définition des Sciences de la Complexité, que ce sont «les disciplines scientifiques qui étudient les systèmes complexes et
s’intéressent aux interactions entre les agents composant ce système, voire
entre les systèmes eux-mêmes »(cf MB Phd in Sciences of Complexity - Pr
Mount Vernon University), nous avons de quoi faire :
-
Système Complexe : l’exemple du cerveau humain
dont l’analyse de son fonctionnement est centrale dans le livre, se suffirait à
lui seul,
-
Interaction entre agents ou entre systèmes :
se retrouvent à tout niveau depuis la loi des retours accélérés, ou plus
globalement de l’interaction entre G, N
et R.
Les
références a des concepts ou outils relevant du paradigme de la Complexité sont
également multiples, qu’il s’agisse des Fractals, des Automates classe 4, des
patterns,(I’m a Patternist ! se déclare RK) et plus généralement à
certains travaux du Santa Fé Institute
Dès
le début (p36 -39) RK positionne sa vision de la relation entre Evolution et
Complexité :
Pour
lui l’Evolution accroît
« l’ordre », lequel « ordre » peut, ou non, accroître la
complexité, même s’il précise, qu’en général il l’accroît,… et sachant
qu’il retient les définitions suivantes de la mesure de la complexité et
de l’ordre :
-
la « complexité se mesure par le minimum
d’information, significatives, non aléatoires mais imprédictibles, nécessaires
pour caractériser un système ou un processus »
-
l’« ordre c’est de l’information qui
répond à un objectif. La mesure de l’ordre est la mesure de combien
l’information répond à son objectif »
(
l’objectif de l’évolution des formes
de vie, c’est la survie)
Pour
RK l’Evolution est le résultat de la meilleure réponse à l’objectif, mais pas
nécessairement de la réponse la plus « compliquée ».
2-2
Prédictible/Prévisible :
A
l’évidence les deux paradigmes de la
Complexité et de la Singularité ne se
situent pas sur le même plan ;
La
Singularité, au sens rappelé ce soir, correspond à un point ou les
lois d’avant la Singularité ne peuvent
expliquer les lois d’après
Ce
que sera cette émergence n’est pas prédictible, mais si l’on suit l’approche
que nous propose RK, la planification de la période où elle interviendra,
l’est. La singularité, au moins celle annoncée par RK, est prévisible :
Après
l’émergence de la Vie, celle de la Conscience, de l’intelligence humaine, voici
sur la voie de l’Evolution, venu le temps de l’intelligence post humaine, et
cela toujours pour RK, dans un avenir
proche, aux alentours de 2050 !
Après
l’émergence liée à l’opposition du pouce aux autres doigts de la main qui a
permis à l’homme de devenir ce qu’il est, voilà venu le temps de l’opposition
de l’intelligence Si, à l’intelligence C pour
aller vers l’Après Homme.
C’est
tout au moins ce que nous avons cru comprendre de la démonstration que propose
RK.
Le
paradigme de la Complexité, quant à lui, englobe également
l’Emergence, mais, celle-ci a pour double caractéristiques d’être à la
fois imprédictible et imprévisible.
Rappelez
vous Paul Valéry : « La
complexité : Une intelligible imprévisibilté essentielle ».
Les
outils des sciences de la complexité permettent d’expliquer de comprendre le
constat d’une émergence d’une bifurcation, mais pas de la prévoir ;
Dit
autrement :
Avec
les lunettes de la Complexité l’inéluctable n’est jamais certain ;
Alors
qu’avec RK la Singularité qu’il envisage est inéluctable.
De
la même façon qu’il y dans la pensée complexe des allers et retours (d’aucuns
diraient : une boucle récursive) entre le global et le détail on peut
aussi supposer que la pensée tout court, est un aller retour entre le
prédictible /prévisible et l’imprédictible / imprévisible.
C’est
d’ailleurs un peu ce que fait RK lorsqu’il écrit en substance, qu’il
compte :
« sur les
turbulences que provoquera dans un milieu chaotique le développement
exponentiel des moyens de calcul, qui feront émerger les solutions là sans
doute où nous ne les attendons pas ».
Il
récupère l’émergence pour valider le
déterminisme de son approche
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Paris
le 7/04/08